La lettre à mon ange

La lettre à mon ange
J'ai écrit cette lettre le 18 décembre 2000, je ne l'ai jamais modifié et il m'arrive très souvent de la relire, elle me fait du bien. Elle est dans une boîte avec mon test de grossesse, mon échographie que j'ai récupéré. C'est ce qu'il me reste de mon ange...

"Mon bébé,

J'ai enfin pu parler de toi aujourd'hui comme quelqu'un qui a vraiment éxisté dans ma vie. Je vis avec toi depuis le mois de mai et même si ton corps ne fait plus parti du mien tu as toujours ta place dans mon coeur.
Si je suis si souvent triste c'est parce que je m'étais imaginée vivre à tes côtés mais je m'aperçois que les mois passent et je suis seule éloignée de toi.
Il n'y a pas une journée ou je ne pense pas à toi, tu fais parti de ma vie et le lien qui s'est créé entre nous est indestructible.
C'est inexplicable si on ne vit pas cette expérience mais je te sentais vivre en moi, plus rien ne comptait à part la relation qui grandissait entre nous. tu étais pourtant minuscule mais tu étais la personne qui comptait le plus pour moi. Personne ne pouvait dire que tu n'étais "rien", j'avais entendu ton coeur battre de mes propres oreilles.
Et puis la vie, mon destin ou plutôt le notre en a décidé autrement. En l'espace d'une heure tout a basculé, j'aurai du t'éffacer de ma mémoire et de mon coeur. Les choses étaient ainsi et il fallait passer à autre chose. J'ai cru y arriver, j'ai repris ma vie mais quoi que je fasse tu étais présent. Est ce si dur de s'imaginer qu'à 18 ans je t'aime comme une mère aime son enfant ?
Je n'ai jamais cessé de t'aimer, ce que j'ai cru être bon pour moi me détruisait intérieurement.
J'ai gardé en moi toute ma haine et ma tristesse. Même si papa et maman étaient là, je me suis tout de même senti très seule.
Sache que je n'ai pas fait ce geste contre toi, mais par amour pour toi. Tu n'aurais pas eu la chance que certains ont et pour moi un bébé on le conçoit et on l'élève à 2. J'ai pensé en tant que mère, dans ton intérêt avant tout, j'ai pensé à toi avant tout. Tu aurais eu tout l'amour que j'avais en moi mais ça ne suffit pas.
Dans 8 semaines, le 12 février 2001, tu aurais dû naître et ça me déchire le coeur d'y penser. Toi qui n'aura ni visage, ni prénom, ce jour est ton anniversaire et il te représente.
Ca peut paraitre idiot tout ce que je suis en train de t'écrire, je le pensais encore il y a quelques heures, en écoutant la psychologue mais ça me libère d'un poids, d'un mal-être et ça devient tout à coup naturel. Toutes les mères souhaitent dire à leurs enfants combien elles les aiment, même si je n'en suis pas tout à fait une par le fait de ton abscence physique, j'en suis une par les sentiments. Toi n'étant plus de ce monde, j'exprime par écrit tout ce que je ne pourrais jamais te dire par oral.
Ta courte présence a bouleversé ma vie et le seul refuge que j'ai trouvé quand rien ne va c'est l'amour qui est né entre nous. Même si ton corps n'est pas visible à mes yeux, mon coeur lui te voit toujours.
Tu m'as donné une force indescriptible qui me permet de supporter beaucoup de coups durs. Tout ce que je vais accomplir, je le ferai pour toi, que tu sois fier de moi là-haut.
J'espère que tu es bien là ou tu es, je ne suis pourtant pas croyante mais si Dieu existe je souhaite qu'il veille sur toi.
J'aurai sûrement des enfants plus tard mais quoi qu'il arrive tu resteras mon premier enfant, je ne ferai aucune différence avec ceux que je mettrai au monde. D'ailleurs il n'y a pas de différence à faire, ton coeur a battu dans mon ventre pour la première fois, comme les futurs enfants que je porterai.
Je t'aimerai toujours, ou que tu sois je pense à toi chaque jour, l'amour d'une mère pour son enfant n'a pas de limites.

Je te fais tous les calins que tu auraient dû avoir...

Ta maman qui t'aime très fort."

# Posté le jeudi 23 mars 2006 04:02

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 17:57

Ma vie aujourd'hui

J'ai 23 ans, bientôt 24, j'ai eu mon bac l'année qui a suivi mon IVG, j'ai ensuite fait un BTS que j'ai eu 2 ans plus tard.
J'ai trouvé du travail aussitôt et depuis 3 ans je suis indépendante. Tout ce que j'ai pu réussir, je l'ai fait avec mon bébé. Il m'a apporté une stabilité et une rage de vivre même si il n'est pas près de moi au quotidien.
J'y pense toujours autant, avec un énorme pincement au coeur à chaque fois mais depuis cet entretien avec la psy j'y pense différemment. Je ne veux pas que ce bébé soit un "regret" car il n'y a rien de pire dans la vie que de vivre avec des regrets. Ca ne veut pas dire que maintenant je suis fière de mon geste non pas du tout.
Je ne m'en veux plus, je me dis qu'on ne peut pas me reprocher d'avoir été une ado inconsciente et irréfléchi, je l'ai été certes en me protégeant pas mais pour la prise de décision j'ai été une maman avant tout car j'ai pensé au bien de mon enfant en premier lieu.
C'est peut être facile de dire ça mais c'est un travail de longue haleine de ne plus se culpabiliser.
Certains pensent que l'avortement n'a pas de conséquences, après tout on a fait le choix d'avorter donc on a pas à être triste, ou il fallait le garder ! Mais on ne subit pas un avortement par plaisir, c'est un choix , on interrompt une vie et je pense que toute personne humainement sensible ne peut pas être indifférente à ça.
Notre vie ne peut plus être la même après, on grandit très vite, on murit. Je préfère me dire aujourd'hui que cette histoire m'a permis d'avancer dans la vie, avec le recul je pense que j'ai pris la décision la plus sage qu'il soit.
Le "papa" a fait de la prison pendant 3 mois pour drogue et aujourd'hui il vit en couple, a une petite fille mais se drogue toujours....C'est sûrement un papa attentionné mais je ne voulais pas d'un papa comme ça pour mon bébé.

J'aimerai toujours mon enfant, qu'on me croit folle ou autre je m'en fiche. Il a été présent en moi, même peu de temps mais il a été là et je ne peux pas l'effacer.

# Posté le jeudi 23 mars 2006 04:08

Modifié le jeudi 23 mars 2006 04:54

Mon sauveur !

Mon sauveur !
Quelqu'un m'a beaucoup apporté, il m'apporte encore chaque jour. On dit que les adultes peuvent nous aider, nous épauler, nous comprendre mais moi ma thérapie c'est mon neveu. Il a 2 ans maintenant et sa naissance a été un bouleversement, un cadeau. Je suis plus proche de ma soeur depuis cet évènement et j'ai pu beaucoup m'occuper de Thomas depuis sa naissance. En attendant d'être maman, je suis tata et c'est génial.

Merci Thomas

# Posté le jeudi 23 mars 2006 05:11

Modifié le lundi 23 juillet 2007 05:42

Pour avancer...

Pour avancer...
Il y a des moments dans la vie ou tu prend conscience que si tu ne bouges pas tu resteras toujours au même point. Tu te rend compte que si tu tombe et que turestes a terre, la vie continura sans toi...


Le circonstances de la vie ne sont pas toujours ce que tu souhaiterais qu'elles soient. La direction de la vie ne vas pas nécessairement dans cele que tu escomptais. Sanspouvoir le comprendre,tu peut parfois etre mené dans differentes directions que tu n'avais jamais imaginées,révées ou prévues. Toutefois, si tu ne t'étai jamais efforcé de réaliser tes rêves, tu n'aurais alors peut etres aucune direction du tout.

Plutôt que te demander qu'elle direction a pris tavie ou te poser des questions a ce sujer, accepte le fait qu'une voie s'ouvre a toi maintenant devant toi. Debarasse toi des "pourquoi" et des "i seulement" pour eliminer toute confusion. Ce qui est arrivé, c'est du passé. Ce qui est, voila ce qui est important. Le passé n'est qu'un bref instant. L'avenir ne s'est pas encor réalisé, mais le present est là.

Poursuis ton chemin pas à pas avec courage, foi et determination. Garde la tête haute et cible tes rêves vers les étoiles. Bientot, tes pas deviendront fermes et ta position redeviendra solide. Une voie que tu n'avais jamais imaginée deviendra la direction la plus agréable que tu aies jamais espéré suivre.

Garde confiance en toi même et engage toi dans ta nouvelle voie. Tu la trouvera magnifique, spectaculaire et t'apercevras qu'elle depasse ton imagination la plus extraordinaire

# Posté le vendredi 05 mai 2006 09:00

Modifié le lundi 23 juillet 2007 05:42

Etre maman...

Etre maman...
Tomber enceinte à 17 ans, c'est des larmes, nos dernieres larmes d'enfants, et nos premieres vraies larmes de joies...

Tomber enceinte à 17 ans, c'est apprendre à grandir, c'est se découvrir, donner un sens à sa vie, ne plus jamais être la même...

Tomber enceinte à 17 ans, c'est avoir à peine apprivoiser son corps de femme, qu'on le partage déjà, et il nous paraît soudain plus beau...

Tomber enceinte à 17 ans, c'est avoir enfin un ange pour veiller sur soi...

Tomber enceinte à 17 ans, c'est comprendre qui sont ses vrais amis, être déçu, mais se dire que ça n'a pas d'importance puisqu'on ne sera plus jamais seule...

Porter un enfant à 17 ans, c'est à chaque seconde devoir affronter le regard des autres, apprendre à devenir forte, apprendre à se battre, apprendre à devenir une femme...

Donner la vie à 17 ans, c'est soudain se sentir si sereine et si forte, c'est connaître l'amour absolu en queques secondes...

Donner la vie à 17 ans, c'est découvrir le secret de la vie la notre à peine commencé....

Donner la vie à 17 ans, c'est trouver la recette du bonheur, c'est réussir sa vie puisque on la commence par ce que l'on peut faire de plus beau...

Etre mére à 17 ans, c'est avoir 17 ans toute sa vie, c'est grandir à deux ...

Etre mére à 17 ans, c'est le drame et la grace de toute une vie, c'est être traité parfois pire qu'un chien, et devoir assumé, surmonté et géré plus de galéres que personnes, mais accepté de le faire avec rage de vivre, et le faire en souriant parce qu'on le fait pour l'être que l'on aime le plus au monde.

C'est avoir une raison d'être, c'est ne plus jamais être seule, c'est aimé à en perdre la raison et être aimé plus que tout, c'est tout donner et tout recevoir, recevoir plus que personne! C'est plus d'amour, de chance et de bonheur que personne ne pourra jamais l'imaginer ....

# Posté le mardi 16 mai 2006 08:47